[img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/icon_eek.gif[/img] et ben, que de grandes discussions enflammées (objectives?) pour simplement une histoire de tas de boulons qui finissent devant d'autres! On se croirait en championnat de foot! [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/laugh.gif[/img]
Afin de prendre un peu de recul et d'agrémenter ce topic d'un volet historique bienvenu, je vous conseille la lecture de ce petit texte ci-dessous, extrait de l'excellentissime blog
Mémoires des Stands:
<!--quoteo-->QUOTE<!--quotec-->Une année qui a été le théâtre d'une lutte acharnée entre deux écuries, l'une anglaise, l'autre italienne ?
Un constructeur qui copie les solutions de son concurrent pour la saison suivante ?
Deux équipiers qui se jalousent ?
Un pilote qui s'en prend violemment à son chef d'écurie ?
Une chicanerie à propos de temps réalisés aux essais ?
Un dernier Grand Prix qui voit s'affronter trois prétendants au titre de champion du monde des conducteurs ?
Ça vous dit quelque chose ?
Vous l’aviez tous compris, je veux parler de la saison 1959.
Retour sur image.
A l'aube de la saison 1959, après le retrait de Vanwall, les voitures les plus performantes étaient les Cooper et les Ferrari. Brabham, Moss, Trintignant, Mac Laren et Gregory pouvaient compter sur la maniabilité de leurs petites voitures à moteur arrière pour gagner sur les circuits tourmentés, tandis que Brooks, Behra, Phil Hill, Allison et Gurney espéraient que la puissance de leur voiture à moteur avant leur permettrait de l'emporter sur les circuits rapides.
Mais à l'issue de la saison il apparaît rapidement que les agiles Cooper ont pris le pas sur les lourdes Ferrari Dino 246 et le Commendatore ne tarde pas à ordonner la fabrication d'une machine à moteur arrière sur le modèle de la Cooper, voiture qui apparaîtra en 1961. A cette époque on ne parlait pas encore d'espionnage.
Pour tenter d'endiguer le péril anglais, Ferrari recruta deux pilotes transfuges de Vanwall (Tony Brooks) et BRM (Jean Behra) et confirma Phil Hill. Mais les deux premiers étaient en concurrence sévère, probablement entretenue par le Commendatore, qui les amena à se jalouser. Les relations se tendirent alors sérieusement entre le pilote et le directeur sportif de l'écurie (qui a dit Alonso et Ron Dennis ?), Jean Behra et Romolo Tavoni. C'est ainsi qu’au soir du Grand Prix de France, Behra furieux d'être distancé par Brooks, meilleur temps aux essais, et Phil Hill, puis d'avoir été contraint à l'abandon pendant la course, reprocha à son chef d'écurie de lui avoir fourni une voiture inférieure (air connu...). La discussion dégénérant, Behra gifla Tavoni et se trouva instantanément mis à la porte de la Scuderia. Un directeur de course Ferrari se doit d’être toujours autoritaire, c’est aujourd’hui bien connu…
Quand arriva le dernier Grand Prix des USA disputé à Sebring, Brabham n’avait que 4 points d’avance (tiens lui aussi…) sur Brooks. Les trois postulants encore en lice pour le titre Moss (Cooper Climax n° 7 pole position à gauche), Brabham (Cooper Climax n° 8 au centre) et Brooks (Ferrari n° 2 à gauche de la 2ème ligne) occupent le haut de la grille. Mais c'est Schell (Cooper Climax n° 19 de l’ Ecurie bleue) qui souffle la 3ème place à l’extérieur de la 1ère ligne à Brooks, en prenant un raccourci à l’autre bout du circuit (le circuit était délimitée par des cônes sur une piste d'aérodrome). Grosse dispute entre les équipes Cooper et Ferrari, et les commissaires qui n'avaient rien vu maintinrent l’américain sur la première ligne. Schell avouera par la suite que c’était de sa part une plaisanterie, mais elle ne fut pas appréciée par la Scuderia. On ne transige pas avec les principes chez Ferrari, c’est aujourd’hui bien connu…
En début de course Brooks est retardé par un accrochage avec la Ferrari de Von Trips qui l'oblige à s'arrêter au stand avant de repartir. Après l'abandon de Moss sur casse de transmission, Brabham semblait filer vers la victoire et le titre quand il tomba en panne d'essence dans ... le dernier tour !
Faute d'une radio pour le tenir au courant de la position de Brooks, Brabham, qui n’était qu’à 500 mètres de la ligne, se mit à pousser sa voiture jusqu'à l'arrivée. Bien lui en prit car il ne dût finalement sa victoire au championnat qu'à cette inespérée 4ème place qu'il venait de sauver et aux 1ère et 2ème places décrochées par les voitures soeurs de MacLaren et Trintignant qui parvenaient à devancer la Ferrari de Brooks. Quand à Tony Brooks, s’il a raté le titre in extremis, c’est en partie la faute de son équipier Von Trips qui, en ne respectant pas la discipline d’équipe, causa l’accrochage qui le retarda.
Brabham terminait la saison avec 31 points devant Brooks 27 et Moss 25,5 et gagnait ainsi son premier titre de champion du monde. Ah si Ferrari avait pu obtenir le déclassement de ces deux Cooper, la face du championnat 1959 en eût été changée...
Daniel Petitgrand - copyright Mémoires des Stands<!--QuoteEnd--><!--QuoteEEnd-->
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"Un bon copilote ne fait pas forcément gagner un rallye, mais un mauvais le fait assurément perdre" Ari Vatanen