Voici un article tiré du journal l'entreprise du 24.05.2006:
http://www.lentreprise.com/dossier/7.718.html
Essayer par des possesseurs de haut de gamme justement [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/icon_wink.gif[/img]
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La Citroën C6 va-t-elle faire des jaloux ?
La livraison de la nouvelle star des voitures de PDG débute enfin. Convaincra-t-elle les entrepreneurs de rouler « français » ? Nous l'avons testée avec plusieurs patrons : le point après 3 000 km au volant.
« Eh, t'as vu, c'est la voiture de Chirac au dernier 14 Juillet! », « Chéri, regarde la voiture, qu'est-ce que c'est ? », « Vous avez déjà une C6 ? Elle est chère ? » Et le pompon : « Gendarmerie nationale, monsieur... Non, non, pas d'infraction, on voudrait juste regarder votre auto. Ça roule comment ? »
Questions, exclamations, yeux écarquillés, pouces levés, appels de phares... L'émotion provoquée sur son passage par la nouvelle Citroën est presque digne d'une supercar ! Preuve de l'attente et de l'étonnement que suscite cette atypique grande routière, candidate à notre futur prix de la voiture de PDG de l'année.
Pour savoir si cette héritière revendiquée de la mythique DS a des chances réelles de trôner bientôt sur certains parkings de société, L'Entreprise vous propose un banc d'essai exceptionnel. Par sa durée : une semaine au volant et plus de 3 000 kilomètres parcourus avec les deux motorisations proposées. Et par la diversité de ses participants : nous avons, dans l'esprit du Prix de la voiture de PDG de l'année, recueilli l'avis de chefs d'entreprise, coeur de cible de ce véhicule statutaire. Et nous avons été particulièrement attentifs aux réactions que suscite la machine.
Surtout en France, où la « voiture du patron » doit être valorisante, mais pas trop...
Bilan du test : 17/20
Agrément conduite
**** Suspension hyper-efficace, direction vive mais sûre. Puissance un peu « juste ». Remarquables boîtes auto.
Sécurité
***** Mouvements de caisse parfaitement maîtrisés. Freinage ultra-fiable. 5 étoiles aux crash-tests EuroNCAP.
Confort-équipement
***** La suspension hydractive filtre toutes les inégalités. Habitacle spacieux et cossu. Excellente qualité acoustique.
Budget
*** Prix élevé, supérieur à une 607, au niveau des allemandes. Consommation à vitesse élevée. Fiabilité à prouver
De la classe... et des débats
Au commencement était le look. La C6 intrigue, mais sans le caractère baroque qui a condamné la Vel Satis. Elle impressionne, c'est tout ! « Elle a du style, elle va sans doute plaire », concédait un anti-citroéniste militant. Le conducteur de C6 passe immédiatement pour un amateur de design. Un excentrique ? Tout de même pas. Comme le soulignait une amie : « D'accord, elle est un peu à part, mais cela reste un paquebot à quatre portes. » Au-delà, ce sont les détails qui font causer. « J'aime bien l'arrière stylisé... », « Moi, je le trouve un peu torturé ». Version féminine : « Il est galbé », « Non, ça fait bourrelet ». Même motif, même punition, mais avec moins de passion pour l'avant : « Il est un peu massif », « J'aime bien la calandre très "designée" ». Quant à l'intérieur, « les formes et les matériaux semblent bons, à part la planche de bord, dont le revêtement n'est pas à la hauteur d'une voiture de ce prix », résume Serge Hayat, membre de l'Académie des entrepreneurs.
Au top pour le confort
Egalement juré du prix de la voiture de PDG de l'année, Serge Hayat fut le premier à apprécier volant en main la qualité première de la C6 : son confort. Il tient d'abord à l'habitabilité, au niveau des meilleures à l'avant, et carrément royale à l'arrière. Particulièrement appréciés, les multiples réglages électriques des sièges, avec même la possibilité (en option à 1 300 euros) d'avoir deux fauteuils réglables à l'arrière. Seul couac dans ce domaine : le réglage des sièges chauffants : une molette nichée au coin de l'assise. « Ah, ça y est, je crois que je la tiens », a lancé Serge Hayat après cinq minutes de tâtonnements. Joie de courte durée : les graduations étaient impossibles à lire sans ouvrir la portière !
Tenue de route façon « pullman »
Pour la sécurité sur la route, la Citroën est franchement au-dessus de la mêlée. Jamais sans doute la suspension hydractive n'a aussi bien rempli son office. Les inégalités sont impeccablement filtrées, sans le « chaloupement » des anciennes DS. « J'étais malade à chaque fois dans celle de mon père ! » se souvient Serge Hayat. Là, ne reste qu'une grande impression de confort, mais avec des sensations de conduite précises, souligne François Delachaux, Grand Prix de l'Entrepreneur en 2002 et lui aussi membre de notre jury. Même optimisation pour la direction. Vive, dans la tradition Citroën, « mais il suffit de quelques kilomètres pour ne plus y penser », ajoute François Delachaux. Idem pour le freinage : les citroénistes des années 70 tremblent encore en pensant à la vivacité de la SM. Le conducteur de C6 s'adaptera sans la moindre difficulté. Il pourra même trouver que la pédale est trop assistée en situation d'urgence à haute vitesse. Il est vrai que les quatre disques ont plus de 1,8 tonne à arrêter.
Moteurs : lâchez les chevaux, SVP
La marge de sécurité en matière de tenue de route est telle que les motorisations apparaissent tout juste suffisantes. Le fameux V6 diesel bi-turbo permet à la C6 de jouer les autoroutières gourmandes. Mais ses reprises sont juste dans la moyenne de ce niveau de gamme. Le six cylindres essence, lui, offre de la musicalité, mais comme sur les 607 ou 407 coupé, « il est à la peine quand on doit se relancer », déplore François Delachaux. Les réfractaires au gazole devront se contenter de rêver aux rumeurs persistantes qui, notamment sur internet, évoquent des recherches avancées de PSA sur un six cylindres bi-turbo de 330 chevaux...
Prix élevé, fiabilité à confirmer
Reste la question clé : la C6, devenue la voiture française la plus chère, vaut-elle son prix : 42 000-45 000 euros en tarif de base, et plutôt dans les 52 000-55 000 en finition haut de gamme Exclusive.
Oui pour le niveau général prix/prestations/équipement. Sans doute pas au point de faire oublier les stars allemandes de la catégorie si l'on s'arrête à des détails de finition un peu agaçants : rétroviseurs extérieurs trop petits, absence de stores latéraux pour les passagers arrière, à cause des vitres sans montant, CD-Rom de navigation pas au top pour conduire à l'étranger. Et puis, compte tenu du passé (passif) de certaines anciennes grandes françaises, difficile de ne pas être prudent quant à la fiabilité de la bête, truffée de gadgets électroniques.
Aucune panne à signaler au long de notre essai, mais quelques difficultés avec les vitres affleurantes ou encore le lave-phares lorsqu'on les actionne à haute vitesse rappellent que le diable se niche dans les détails. La livraison des premières C6 ayant été officiellement retardée de plusieurs mois pour optimiser la chaîne de production, espérons que ce délai a permis de serrer quelques boulons. Citroën aurait beaucoup de mal à se remettre de soucis récurrents, fussent-ils cantonnés à des équipements de seconde importance. La C6 a des atouts, mais la bataille est tout sauf gagnée.
Ce qu'ils en disent
> Mon copain banquier
« Si tu venais avec à un rendez-vous, je saurais que tes affaires vont bien. Et cela me donnerait envie de te vendre quelque chose ! »
> Un de mes collaborateurs
« C'est bien une voiture de patron, ou de préfet ! Moins m'as-tu-vu que certaines grosses allemandes. Mais ne vous l'offrez pas après avoir refusé une augmentation ! »
> Mes enfants
« On dirait un vaisseau spatial. Il y a plein de place et les sièges à l'arrière bougent, c'est comme un fauteuil ! Tu as le DVD de Batman ? »
> Mon voisin
« Eh bien, vous vous faites encore plaisir ! Mais comparé à certains engins que vous essayez, cela reste sage. Vous m'emmenez ? [rires] »
Quid face à trois autres hauts de gamme "non allemands" ?
La référence française : Peugeot 607 V6 Hdi
(à partir de 40 350 euros)
La voiture de PDG 2005, pour notre jury de chefs d'entreprise. La première grande française à concurrencer les allemandes en matière de prestations, avec le confort ouaté, et la discrétion en plus. La Citroën fait jeu égal en plaisir de conduite, la rondeur en plus. La 607 reste plus vive.
> Avantage : égalité
- L'aristocrate : Jaguar XJ 2.7 d bi-turbo
(à partir de 68 900 euros)
Dotée du même moteur que la C6, la grande Jag', plus moelleuse encore, se révèle aussi plus vive sur la route malgré son gabarit, grâce à sa structure en alu. Mais la française a un tel ratio prix/ prestations/image que la lady peine à justifier son prix.
> Avantage : C6
- La V6 essence « décalée » : Renault Vel Satis V6 3.5
(à partir de 45 250 euros)
Pour rouler dans une grande française avec un six-cylindres essence, si vous (re)découvriez la Vel Satis ? Son V6 3.5 245 chevaux, d'origine Nissan, a plus de « coffre » que le 3 litres Peugeot-Citroën. Reste la ligne. Mais quitte à être décalé, autant assumer, peut-être...
> Avantage : Renault<!--QuoteEnd--><!--QuoteEEnd-->