02-12-2011, 03:02 PM
Le problème n'est pas le nombre de fonctionnaires mais la façon dont on les utilise et la dégradation effective du service public en France.
En France, nous commençons à peine à voir une petite diminution des effectifs de l'Education Nationale alors que le nombre d'élèves diminue depuis 30 ans. Pourtant, les classes sont toujours aussi bondées. Où sont donc tous ces fonctionnaires ?
Pour la sécurité, nous avons 200 000 agents de la force publique (Gendarmes, municipaux et flics nationaux). Cela fait de nous le pays le plus "fliqué" d'Europe par habitant. Sommes nous le pays le plus sûr ?
Le principal problème n'est pas un problème d'effectif mais un problème structurel. Nos structures de service public ont été bâties pour répondre à des enjeux des années 50. 60 ans après, beaucoup de choses ont changé sauf les structures de la fonction publique. Il y a eu des politiques "rustine" avec une décentralisation mal faite. S'est greffé une structure aussi faiblement opérationnelle avec l'UE. Toutes ces machines à gaz ne répondent pas ou mal aux problèmes des Français et des Européens en général.
La Réforme Générale de la Politique publique (RGPP) est une réponse encore plus inadaptée aux enjeux. C'est une gestion comptable, sans stratégie, sans vision de la France et pire encore, sans vision de la France dans l'Europe.
Greffons dessus une habitude très française de la noblesse d'Etat, celle qui ne demande rien à sa base et on a un véritable "Fliegende Holländer". Un management public digne des années 20, des audits qui n'en sont pas, aucun système de feedback des orientations de politiques publiques, aucune culture du renseignement, aucune responsabilisation et culture de l'initiative des cadres intermédiaires, l'entrisme politique, le dogmatisme aveugle, parfois criminel de nos élus, etc.... La liste des maux de la fonction publique est longue.
Si déjà, il y avait une vraie vision de notre politique publique, une stratégie claire et engagée sur plus de 2 ans (ce qui n'est JAMAIS le cas) ET, le plus important à mon avis, une vraie déconcentration des institutions publiques accompagnée d'une vraie responsabilisation des cadres et des agents opérationnels, on pourrait diminuer le nombre des fonctionnaires administratifs (en commençant par l'usine du MINEFI) pour augmenter les opérationnels et on aurait une bien plus grande lisibilité sur le terrain.
Mais pour cela, il faut radicalement changer de culture politique. Il faut mettre fin à la centralisation, fin à la noblesse d'Etat et prôner un service public de proximité que les Anglo-Saxons nomment "by consent". En gros, l'Etat donne le cap et au niveau local, on adapte au terrain la stratégie en rectifiant le cap avec la prise en compte du "contentement" des administrés et en faisant de vrais audits et mesures. Evidemment, cela oblige les politiques à lâcher du lest et à faire confiance à sa fonction publique, les traiter en professionnels de service et non en outils électoralistes.
Au final, ce n'est vraiment pas gagné
En France, nous commençons à peine à voir une petite diminution des effectifs de l'Education Nationale alors que le nombre d'élèves diminue depuis 30 ans. Pourtant, les classes sont toujours aussi bondées. Où sont donc tous ces fonctionnaires ?
Pour la sécurité, nous avons 200 000 agents de la force publique (Gendarmes, municipaux et flics nationaux). Cela fait de nous le pays le plus "fliqué" d'Europe par habitant. Sommes nous le pays le plus sûr ?
Le principal problème n'est pas un problème d'effectif mais un problème structurel. Nos structures de service public ont été bâties pour répondre à des enjeux des années 50. 60 ans après, beaucoup de choses ont changé sauf les structures de la fonction publique. Il y a eu des politiques "rustine" avec une décentralisation mal faite. S'est greffé une structure aussi faiblement opérationnelle avec l'UE. Toutes ces machines à gaz ne répondent pas ou mal aux problèmes des Français et des Européens en général.
La Réforme Générale de la Politique publique (RGPP) est une réponse encore plus inadaptée aux enjeux. C'est une gestion comptable, sans stratégie, sans vision de la France et pire encore, sans vision de la France dans l'Europe.
Greffons dessus une habitude très française de la noblesse d'Etat, celle qui ne demande rien à sa base et on a un véritable "Fliegende Holländer". Un management public digne des années 20, des audits qui n'en sont pas, aucun système de feedback des orientations de politiques publiques, aucune culture du renseignement, aucune responsabilisation et culture de l'initiative des cadres intermédiaires, l'entrisme politique, le dogmatisme aveugle, parfois criminel de nos élus, etc.... La liste des maux de la fonction publique est longue.
Si déjà, il y avait une vraie vision de notre politique publique, une stratégie claire et engagée sur plus de 2 ans (ce qui n'est JAMAIS le cas) ET, le plus important à mon avis, une vraie déconcentration des institutions publiques accompagnée d'une vraie responsabilisation des cadres et des agents opérationnels, on pourrait diminuer le nombre des fonctionnaires administratifs (en commençant par l'usine du MINEFI) pour augmenter les opérationnels et on aurait une bien plus grande lisibilité sur le terrain.
Mais pour cela, il faut radicalement changer de culture politique. Il faut mettre fin à la centralisation, fin à la noblesse d'Etat et prôner un service public de proximité que les Anglo-Saxons nomment "by consent". En gros, l'Etat donne le cap et au niveau local, on adapte au terrain la stratégie en rectifiant le cap avec la prise en compte du "contentement" des administrés et en faisant de vrais audits et mesures. Evidemment, cela oblige les politiques à lâcher du lest et à faire confiance à sa fonction publique, les traiter en professionnels de service et non en outils électoralistes.
Au final, ce n'est vraiment pas gagné
