01-27-2011, 03:11 AM
Evidemment, même si je suis bientôt en partance de la maison Poulaga, je vais tout de même apporter mon petit grain de sel.
On parle de discernement... Soit. Alors jouons à un petit jeu.
Imaginons ce pays merveilleux des gens heureux où la police recrute que des gens formidables, d'une intelligence à la Einstein, d'un humanisme à la Montesquieu, de la probité d'un Templier et d'une abnégation sans borne puisqu'avec toutes ces qualités il accepte de bosser pour un salaire de merde.
Pas de pot, dans ce pays merveilleux des gens heureux, cette police semble être formidable mais les "administrés", eux, sont somme toute normaux. "Normaux" veut dire dans notre cas, avec une part de gens malhonnêtes, de gens de mauvaise foi, de gens qui se pensent pilote mais qui sont tout le contraire et j'en passe... Et bien sûr, des gens honnêtes parfois un peu étourdis.
Encore de ce pays, un de ces fabuleux policiers se retrouve dans le cas d'un contrevenant "glissant un stop".
Le policier fort sympathique ayant à coeur de faire respecter la Loi non pas dans une répression aveugle mais dans un véritable souci de pédagogie doit trouver la bonne solution.
Alors quand le contrôlé est un connard qui dit de suite qu'il emmerde le Code de la Route et les autres usagers... Ca va, on a vite compris, même le policier humaniste et magnanime, qu'avec ce mec là, seule la prune l'obligera à respecter les autres usagers. En gros, seule la "peur du gendarme" et la "tape dans le portefeuille" feront qu'il ne sera pas un danger pour les autres... Et encore.
Mais dans le cas, majoritaire (pour le téléphone au volant surtout, moins pour le stop), du sympathique usager de la route qui dit amen à toutes les paroles du policier magnanime mais qui, 100m plus loin va faire exactement la même infraction grâce à ce raisonnement fabuleux et majoritairement partagé du "oui mais moi, je maîtrise mon véhicule sinon je ne le ferais pas".
Pas de pot, l'immense majorité des gens qui se cartonnent pensent maîtriser leur véhicule en toute circonstance. Et au moment de l'accident, nous avons droit à de superbes explications genre "comprends pas, mais freins n'ont pas fonctionné" ou "mon volant n'a pas voulu tourner", etc.
Eh oui, c'est la-faute-à-la-voiture si elle ne peut défier les lois de la physique.
Donc dans ces cas là, le gentil policier fait quoi ?
Il y a deux comportements. Personnellement, n'étant pas passionné par le routier et ayant exercé dans des villes où il y avait suffisamment à faire avec les "vrais délinquants", très souvent je laissais pisser quand le conducteur faisait au moins son mea culpa. Je lui laissais le bénéfice du doute sur l'intentionnalité de commettre l'infraction... Du moins jusqu'à une certaine limite. Je le justifiais ainsi même si c'était surtout parce que rédiger une prune me faisait chier alors qu'avec le même temps passer, je pouvais ramener un auteur de délit.
Est-ce juste ? Les bénéficiaires de ma "souplesse" doivent certainement penser que oui, les habitués des fautes de Code de la Route aussi. Sauf qu'un collègue que je qualifierais de Robespierre du Code de la Route m'a un jour tenu un discours qui fait réfléchir.
Il m'a demandé sur quoi reposait ma "gentillesse". Je lui ai alors expliqué ce que je dis ci-dessus. Il me dit alors qu'au fond, seuls ceux qui n'ont compris qu'il fallait juste fermer sa gueule et dire "amen" sont verbalisés, tous les autres peuvent commettre autant d'infractions au Code de la Route qu'il veulent. Il m'a donc dit que face à la Loi, j'avais un comportement totalement discriminatoire. La Loi est la Loi et personne n'est sensé l'ignorer.
Alors, c'est sûr, c'est le genre de psychorigide que je n'inviterais pas à des vacances au ski entre amis. Maintenant son discours se tient totalement et voilà pourquoi je ne condamnerais jamais ce genre de collègue par leur façon d'agir.
Parce que oui, le fameux discernement n'est ni plus ni moins qu'un procédé discriminatoire fondé sur aucun texte de loi, sur aucune procédure pénale. C'est "à la gueule".
Le discernement, on nous en fout à toutes les sauces. C'est typiquement Français de nous imposer l'application stricte de la Loi avec discernement... Ce qui ne veut absolument rien dire. D'ailleurs, c'est tellement n'importe quoi qu'à force on pond de nouvelles lois pour appliquer des textes déjà existants mais que personne n'applique... Sinon ça manque de discernement.
Un stop glissé, il est glissé avec le pied sur l'accélérateur généralement. Donc même à 10 km/h, le temps de freiner, il faut plus d'un mètre. 1 mètre, c'est le bloc moteur sur la trajectoire du véhicule qui vient de votre gauche... C'est donc l'accident. Le stop est imposé quand la visibilité est mauvaise ou qu'elle impose une vision de plusieurs zones de danger (venue de voitures de chaque côté ET un passage piétons par exemple). Si le stop est glissé, on ne peut pas avoir vu TOUTES les zones de danger possibles.
J'ai été formé à la conduite de sécurité, à la conduite rapide, à la conduite en milieu sensible (ça sert à éviter les frigos volants notamment
), etc.
Je suis certain qu'au gyrophare et deux tons, en conduite rapide pour aller sur une mission d'urgence, je vais à certains endroits moins vite que l'immense majorité des personnes présentes sur le forum (pourtant pour beaucoup bien au dessus du niveau moyen des usagers de la route). Pourquoi ? Parce que je n'ai pas appris le pilotage sur circuit mais la conduite en milieu ouvert. Sur circuit, je me fais probablement piler par la majorité des personnes présentes sur le FAR mais en ville, je sais où sont les dangers et où aller vite.
La conduite, ce n'est pas aller d'un point A à un point B. C'est le faire dans le respect de tous dans un environnement ouvert, dangereux par nature, imprévisible. Le Code de la Route impose des lois fondées sur le maillon faible et pas sur le meilleur pilote. Probablement que vous maîtrisez parfaitement votre vitesse et votre auto... Mais pas tout le monde. Dans cet environnement, si la Loi s'impose à tous, la sécurité aussi.
Je vous invite juste à faire un stage de conduite sécurité, au moins une fois. Ca changera TOUTE votre façon de conduire. A défaut de ressortir pilote, vous ressortirez lucide, lucide sur le fait qu'un accident, ce n'est pas qu'un problème mais l'enchaînement de plusieurs facteurs qui n'avaient pas à se produire. Plus on joue avec les facteurs aggravants plus on augmente les probabilités d'accident. Sauf qu'on ne joue pas qu'avec sa vie sur la route mais avec celle des autres.
On parle de discernement... Soit. Alors jouons à un petit jeu.
Imaginons ce pays merveilleux des gens heureux où la police recrute que des gens formidables, d'une intelligence à la Einstein, d'un humanisme à la Montesquieu, de la probité d'un Templier et d'une abnégation sans borne puisqu'avec toutes ces qualités il accepte de bosser pour un salaire de merde.
Pas de pot, dans ce pays merveilleux des gens heureux, cette police semble être formidable mais les "administrés", eux, sont somme toute normaux. "Normaux" veut dire dans notre cas, avec une part de gens malhonnêtes, de gens de mauvaise foi, de gens qui se pensent pilote mais qui sont tout le contraire et j'en passe... Et bien sûr, des gens honnêtes parfois un peu étourdis.
Encore de ce pays, un de ces fabuleux policiers se retrouve dans le cas d'un contrevenant "glissant un stop".
Le policier fort sympathique ayant à coeur de faire respecter la Loi non pas dans une répression aveugle mais dans un véritable souci de pédagogie doit trouver la bonne solution.
Alors quand le contrôlé est un connard qui dit de suite qu'il emmerde le Code de la Route et les autres usagers... Ca va, on a vite compris, même le policier humaniste et magnanime, qu'avec ce mec là, seule la prune l'obligera à respecter les autres usagers. En gros, seule la "peur du gendarme" et la "tape dans le portefeuille" feront qu'il ne sera pas un danger pour les autres... Et encore.
Mais dans le cas, majoritaire (pour le téléphone au volant surtout, moins pour le stop), du sympathique usager de la route qui dit amen à toutes les paroles du policier magnanime mais qui, 100m plus loin va faire exactement la même infraction grâce à ce raisonnement fabuleux et majoritairement partagé du "oui mais moi, je maîtrise mon véhicule sinon je ne le ferais pas".
Pas de pot, l'immense majorité des gens qui se cartonnent pensent maîtriser leur véhicule en toute circonstance. Et au moment de l'accident, nous avons droit à de superbes explications genre "comprends pas, mais freins n'ont pas fonctionné" ou "mon volant n'a pas voulu tourner", etc.
Eh oui, c'est la-faute-à-la-voiture si elle ne peut défier les lois de la physique.
Donc dans ces cas là, le gentil policier fait quoi ?
Il y a deux comportements. Personnellement, n'étant pas passionné par le routier et ayant exercé dans des villes où il y avait suffisamment à faire avec les "vrais délinquants", très souvent je laissais pisser quand le conducteur faisait au moins son mea culpa. Je lui laissais le bénéfice du doute sur l'intentionnalité de commettre l'infraction... Du moins jusqu'à une certaine limite. Je le justifiais ainsi même si c'était surtout parce que rédiger une prune me faisait chier alors qu'avec le même temps passer, je pouvais ramener un auteur de délit.
Est-ce juste ? Les bénéficiaires de ma "souplesse" doivent certainement penser que oui, les habitués des fautes de Code de la Route aussi. Sauf qu'un collègue que je qualifierais de Robespierre du Code de la Route m'a un jour tenu un discours qui fait réfléchir.
Il m'a demandé sur quoi reposait ma "gentillesse". Je lui ai alors expliqué ce que je dis ci-dessus. Il me dit alors qu'au fond, seuls ceux qui n'ont compris qu'il fallait juste fermer sa gueule et dire "amen" sont verbalisés, tous les autres peuvent commettre autant d'infractions au Code de la Route qu'il veulent. Il m'a donc dit que face à la Loi, j'avais un comportement totalement discriminatoire. La Loi est la Loi et personne n'est sensé l'ignorer.
Alors, c'est sûr, c'est le genre de psychorigide que je n'inviterais pas à des vacances au ski entre amis. Maintenant son discours se tient totalement et voilà pourquoi je ne condamnerais jamais ce genre de collègue par leur façon d'agir.
Parce que oui, le fameux discernement n'est ni plus ni moins qu'un procédé discriminatoire fondé sur aucun texte de loi, sur aucune procédure pénale. C'est "à la gueule".
Le discernement, on nous en fout à toutes les sauces. C'est typiquement Français de nous imposer l'application stricte de la Loi avec discernement... Ce qui ne veut absolument rien dire. D'ailleurs, c'est tellement n'importe quoi qu'à force on pond de nouvelles lois pour appliquer des textes déjà existants mais que personne n'applique... Sinon ça manque de discernement.
Un stop glissé, il est glissé avec le pied sur l'accélérateur généralement. Donc même à 10 km/h, le temps de freiner, il faut plus d'un mètre. 1 mètre, c'est le bloc moteur sur la trajectoire du véhicule qui vient de votre gauche... C'est donc l'accident. Le stop est imposé quand la visibilité est mauvaise ou qu'elle impose une vision de plusieurs zones de danger (venue de voitures de chaque côté ET un passage piétons par exemple). Si le stop est glissé, on ne peut pas avoir vu TOUTES les zones de danger possibles.
J'ai été formé à la conduite de sécurité, à la conduite rapide, à la conduite en milieu sensible (ça sert à éviter les frigos volants notamment
), etc.Je suis certain qu'au gyrophare et deux tons, en conduite rapide pour aller sur une mission d'urgence, je vais à certains endroits moins vite que l'immense majorité des personnes présentes sur le forum (pourtant pour beaucoup bien au dessus du niveau moyen des usagers de la route). Pourquoi ? Parce que je n'ai pas appris le pilotage sur circuit mais la conduite en milieu ouvert. Sur circuit, je me fais probablement piler par la majorité des personnes présentes sur le FAR mais en ville, je sais où sont les dangers et où aller vite.
La conduite, ce n'est pas aller d'un point A à un point B. C'est le faire dans le respect de tous dans un environnement ouvert, dangereux par nature, imprévisible. Le Code de la Route impose des lois fondées sur le maillon faible et pas sur le meilleur pilote. Probablement que vous maîtrisez parfaitement votre vitesse et votre auto... Mais pas tout le monde. Dans cet environnement, si la Loi s'impose à tous, la sécurité aussi.
Je vous invite juste à faire un stage de conduite sécurité, au moins une fois. Ca changera TOUTE votre façon de conduire. A défaut de ressortir pilote, vous ressortirez lucide, lucide sur le fait qu'un accident, ce n'est pas qu'un problème mais l'enchaînement de plusieurs facteurs qui n'avaient pas à se produire. Plus on joue avec les facteurs aggravants plus on augmente les probabilités d'accident. Sauf qu'on ne joue pas qu'avec sa vie sur la route mais avec celle des autres.
