Gros Roulage Alpin
#15
une moto de fillette ! [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/vert.gif[/img]
ma p'tite mob bleue elle avance [img]style_emoticons/<#EMO_DIR#>/bien.gif[/img] c'est le principal...

Allez, je termine et je ne vous saoule plus avec mes mots.

---

Dimanche 9h00: l'heure de s'élancer pour le retour, après un copieux petit déjeuner façon Tirol. Les falaises qui nous entourent se dressent dans un ciel bleu et dégagé. Une toute nouvelle F800ST grise passe devant notre hôtel quand nous sanglons nos sacs.

Nous montons au Pso Falgarezzo, point de départ d'une grosse cabine qui permet de monter à des restes de fortins et tranchées du conflit austo-italien sur les sommets alentours. Les Dolomites présentent des profils spectaculaires, grosses aiguilles raides, rosissantes dans les lumières du matin, grands éboulis au bas des pentes. Celà n'a rien à voir avec nos Alpes françaises. C'est aussi le paradis des 2 roues. On y aperçoit une F800S jaune. Puis un groupe de motos italiennes arrivent au col juste avant notre départ. Enfin ! Des Ducati nous en croiserons pas mal ce jour... Petite revue de détails et on repart vers le pso Pordoi. On double une topolino blanche et la grand-mère au volant, qui monte vaillamment les grands lacets, en route pour Canazei peut-être. Un gros autocar du Lot se prend le choux avec un gros camping-car du Nord au détour d'une épingle serrée. On accède au Pordoi en suivant une longue route qui serpente sur une ligne de niveau au dessus d'un vallon étroit, avec des vues dégagées vers les alpages et sommets voisins. Pordoi est encore un col dont l'ascension est longue, mais dont les grands lacets permettent un rythme soutenu... Une brise nous y acceuille pour raffraîchir l'effort sous le soleil. Quelques motards sont attablés ici et là pour un café.

S'ensuit alors une grande descente, à travers de gros villages de montagne, sur une route très propre et propice au roulage rapide. Puis peu à peu nous remontons sur un long plateau, avant de basculer vers Aura et la vallée de l'Adige, au sud de Bolzano : s'ouvre alors une vue fantastique sous le soleil de la mi-journée depuis le rebord, vers le fond du très large val, plat, et entièrement quadrillé de vignes et vergers. La descente est lente, le trafic important. Une fois en bas nous nous dirigeons vers le pso di Mendola : nous avons en effet un peu amendé notre parcours pour éviter la chaleur au sud dans le Val d'Adige, préférant grimper ce "petit" col. Surprise : c'est une montée très technique et très empruntée qui nous attend : à flanc de falaises, une succession d'épingles courtes et très resserrées, avec un important passage dans les 2 sens de vélos, motos et autos. La route est en pointillés rouge/blanc sur la carte... Les vues plongeantes vers le val sont toujours aussi impressionnantes. Au Mendola nous nous arrêtons enfin pour avaler café.

Mais il ne faut pas s'attarder et nous repartons vers notre prochain col, traversant un gros plateau de culture de fruitiers, qu'on irrigue par des jets d'eau, ce qui nous vaudra de passer souvent à travers les brumisations raffraîchissantes de certains jets mal orientés... Un peu d'essence dans un village ensiesté à cette heure au dessus du lac-barrage de Santa Giustina, et nous continuons rapidement notre progression vers Tonnale, grosse station de ski, moche, vide à cette époque, plantée sur un col dont l'accès est se fait par une petite route très chouette qui s'enroule sous les sapins. Le grand massif magmatique du Mont Adamello nous domine au col. C'est un des plus haut du pays. Seuls quelques voitures y passent, 1 ou 2 autocars de liaison, et pas mal de motards. C'est donc là que nous pique-niquons, en début d'après-midi, à l'abri du vent derrière un gros monument aux soldats tombés entre 14 et 18, pendant ce que les les Italiens appellent la "Guerre Blanche", en référence aux terribles combats sur ces sommets vertigineux et enneigés.

Après le Pso deli Aprica, petit col et grosse ville de montagne, nous rejoignions la vallée de l'Adda, fleuve torrentueux qui descend depuis les environs du Stelvio jusqu'au Lac de Cômes. Passé Sondrio nous roulons dans un air chaud sur une grosse route très chargée, où il faut conduire à l'italienne pour avancer plus vite que le troupeau. Nous sommes un peu surpris de voir des voitures croiser allègrement et sans prévenir les lignes blanches pour dépasser de longues files plus lentes. C'est là que nous voyons un second CS, bleu graphite, monté par un couple italien. Cantalou, lui, compte les Aprilia et les Tuono... Peu après un remplissage des réservoirs, nous rejoignons une route moins chargée pour accéder à la rive ouest du lac. Pour des questions d'horaire nous avons choisi d'abandonner la traversée en bac depuis Varenne. Les vues sur le lac valent le détour, mais la progression est très ralentie : la route file dans une succession de petits villages coincés entre le rivage étroit et les pentes très escarpées, où le touriste abonde, en voiture, en camping-car ou à vélo. A Menaggio nous stoppons au bord du lac pour boire un café et grignoter quelques barres.

Puis de nouveau nous longeons un lac, celui de Lugano : il est moins couru que le précédent, mais tout aussi chouette, avec ces pentes couvertes de forêts qui se précipitent dans l'eau, les petits villages s'agrippant au mieux sur la bande étroite du rivage. Depuis le lac de Côme nous traversons de très nombreux tunnels routiers. Puis, à la sortie d'un d'eux nous entrons en Suisse et à Lugano. L'heure tourne et c'est par l'autoroute que nous rejoindrons les contreforts du Gothard. Le pneu arrière du Tuono donne des signes d'usure avancée, qui nous contraignent à ralentir un peu le rythme sur l'autoroute.

A Airolo nous bifurquons enfin vers Nufenen Pass, notre dernier et grand col : 2478 m. quand même ! Autant le Gothard est lent avec ses grandes épingles très larges assises en surplomb en sur le flanc de la montagne, autant Nufenen est surprenant de rapidité : c'est une route assez droite qui monte dans le creux d'une vallée, avant de finir par quelques longs lacets. La surprise vient du fait que les derniers kilomètres se font dans le halos d'une brume épaisse mélée de rayons du soleil couchant, à slalomer entre des roches effrondrées sur la chaussées, voir même un peu de neige ayant glissé des talus par endroits. Atmosphère un peu irréelle, ou féérique, au yeux du breton qui m'accompagne. Ca doit lui rappeller des Brocéliande ou autres... Au col, la gargotte semble ouverte... Ben non, elle est fermée. Zut. On redescent dans l'irréel sur quelques centaines de mêtres, et d'un coup tout se dégage: seul le col est encapuchonné... La vallée baigne dans la lumière de la fin de journée, et la route luit des ruisseaux de neige fondue la coupant. D'en haut on a même cru qu'il y avait de la neige ou de la glace sur la chaussée ! Nous débouchons à Ulrichen dans la haute vallée du Rhone, entre Brig et Furka, un peu à l'est de Munster. Un restaurant nous y tend les bras. Sans nous faire prier nous y stopppons. Il faudra tout de même rassembler les souvenirs épars de notre apprentissage de la langue de Goethe pour réussir à commander notre repas !

Le soleil a disparu depuis un moment quand nous ressortons rassasiés, mais la nuit est encore très claire, un des ces avantages de rouler en juin, les journées étant longues. Nous descendons rapidement vers Brig le long du Rhone, qui n'est encore qu'un gros torrent. Un animal à longues oreilles, apeuré dans le faisceau des phares et les roues. hésite sur le côté de la route à choisir : petite poussée d'adrénaline sur la digestion... Puis se sont quelques souris... Un cafouillage à un rond-point me fait perdre mon ouvreur qui me croit devant alors que je suis encore derrière: il fonce alors pour me rattraper, et moi derrière je fonce aussi pour le rattrapper... Quand je l'aperçois enfin au loin je l'arrose de mes appels de phares et nous finissons par recoller les bouts...

Ce qui nous amène ensuite à reprendre l'autorute vers Sierre. Le Diablo arrière du Tuono a fini de peller dans la fraîcheur du soir, il finira bien le voyage. Sion, Martigny sont évacués par l'autoroute, ça sent la fin, les postérieurs sont meurtris, les genoux raides, les épaules ankilosées, les pieds engourdis se promènent sur les cales... Nous quittons le ruban pour rejoindre la frontière après un ultime plein. Passent Evian et Thonon et le Léman, dans la tiédeur de cette nuit. A Annemasse nos chemins se séparent. Il est 1h15 du matin quand j'éteins la bleu chez moi, la boucle est bouclée.
Répondre


Messages dans ce sujet
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-08-2006, 05:41 PM
Gros Roulage Alpin - par B'o - 06-08-2006, 06:57 PM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-09-2006, 08:23 AM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-12-2006, 03:52 PM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-12-2006, 04:23 PM
Gros Roulage Alpin - par palmPilote - 06-12-2006, 09:43 PM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-12-2006, 10:03 PM
Gros Roulage Alpin - par palmPilote - 06-12-2006, 10:30 PM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-13-2006, 01:56 AM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-13-2006, 08:32 AM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-14-2006, 08:40 AM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-14-2006, 12:29 PM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-19-2006, 09:37 PM
Gros Roulage Alpin - par Fatalan - 06-19-2006, 10:39 PM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-20-2006, 10:30 AM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-20-2006, 03:01 PM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-20-2006, 06:24 PM
Gros Roulage Alpin - par cantalou - 06-20-2006, 07:16 PM
Gros Roulage Alpin - par Nico7 - 06-24-2006, 12:47 PM
Gros Roulage Alpin - par Marco 7 - 06-24-2006, 04:04 PM
Gros Roulage Alpin - par Dark V - 06-26-2006, 12:35 PM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-26-2006, 01:32 PM
Gros Roulage Alpin - par Dark V - 06-26-2006, 03:24 PM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-26-2006, 03:37 PM
Gros Roulage Alpin - par Dark V - 06-26-2006, 03:39 PM
Gros Roulage Alpin - par Ushuoca - 06-26-2006, 03:40 PM

Atteindre :